Un lundi de novembre, la pluie arrête deux chantiers à 10 heures. Le chef de chantier renvoie l’équipe, l’assistante note « intempéries » sur le planning, et la question arrive en fin de mois : que faut-il payer, que faut-il déclarer, et à qui ? Externaliser la paie d’une entreprise du BTP, c’est confier ce genre de journée à quelqu’un qui connaît les règles du secteur. Le chômage intempéries se déclare à la caisse CIBTP. Les congés sont payés par la caisse, pas par l’employeur. Les paniers et les petits déplacements suivent le pointage. Votre part du travail tient en une phrase : faire remonter les bons éléments, chantier par chantier.
Ces particularités expliquent pourquoi une paie BTP traitée comme une paie de bureau dérape vite. Le bulletin d’un compagnon contient des lignes que l’on ne voit dans aucun autre secteur, et plusieurs flux partent vers des organismes que les autres employeurs ignorent.
Le chômage intempéries, avec des délais resserrés en 2026
Quand la pluie, le gel, la neige, la canicule ou une inondation rendent le travail dangereux ou impossible, l’employeur peut arrêter le chantier. Le régime est prévu par les articles L5424-6 et suivants du Code du travail. Le salarié est indemnisé à hauteur de 75 % de son salaire horaire, hors heures supplémentaires et primes, à condition d’avoir travaillé au moins 200 heures dans le BTP au cours des deux mois précédant l’arrêt. L’indemnisation est limitée à 9 heures par jour, 45 heures par semaine et 55 jours par année civile, et la première heure d’arrêt n’est pas indemnisée.
L’employeur verse l’indemnité sur le bulletin, puis la caisse CIBTP lui en rembourse une partie. Ce remboursement dépend d’une déclaration faite dans les temps, et les délais ont changé cette année. Depuis le 9 avril 2026, en application d’un arrêté du 8 avril 2026, l’entreprise doit faire une déclaration provisoire dans les 120 heures qui suivent l’arrêt, puis une déclaration définitive dans les 30 jours suivant la reprise, chantier par chantier. Les démarches passent désormais par l’espace sécurisé CIBTP, qui a remplacé l’ancien service en ligne fin 2025.
Cent vingt heures, c’est cinq jours. Un arrêt du lundi matin doit être déclaré au plus tard le samedi matin, alors que la paie du mois n’est souvent préparée que trois semaines plus tard. Sans remontée immédiate du chantier, le remboursement est perdu. C’est le point que nous réglons en premier avec une entreprise du BTP : qui signale l’arrêt, à qui, et le jour même.
Les congés payés ne passent pas par le bulletin habituel
Dans le BTP, l’employeur adhère obligatoirement à une caisse de congés payés du réseau CIBTP (article L3141-32 du Code du travail). Il verse des cotisations à la caisse, et c’est la caisse qui paie l’indemnité de congés aux ouvriers et aux ETAM concernés. Sur le bulletin, le mois de congé apparaît donc comme une absence non rémunérée par l’employeur, et le salarié reçoit son indemnité de la caisse.
Ce fonctionnement surprend les entreprises qui arrivent dans le secteur, ou celles dont le prestataire n’a pas l’habitude du BTP. Les erreurs classiques : payer les congés sur le bulletin en plus de la caisse, oublier de déclarer les heures et salaires servant au calcul des droits, ou mal traiter un salarié qui passe d’une entreprise du bâtiment à une autre en cours d’année. Chaque cas se rattrape, mais toujours avec des échanges entre la caisse, l’entreprise et le salarié.
Paniers et petits déplacements : des lignes à justifier chaque jour
Le compagnon qui déjeune sur le chantier perçoit une indemnité de repas, le panier. Il touche aussi, selon la convention et la distance entre le siège et le chantier, des indemnités de transport et de trajet. Nous avons détaillé dans un article dédié la façon de gérer le panier repas en paie dans le BTP : ligne distincte sur le bulletin, code spécifique en DSN, ajustement en cas d’absence.
Le montant exonéré de cotisations est plafonné. La limite applicable aux repas pris hors des locaux de l’entreprise a été revalorisée au 1er janvier 2026 ; elle est publiée sur le barème des frais professionnels de l’URSSAF. Au-delà, la part excédentaire est soumise à cotisations. Le chiffre de 10,20 € que nous citions pour 2024 n’est donc plus le bon : c’est exactement le genre de paramètre qu’un prestataire doit mettre à jour au 1er janvier, sans attendre qu’on le lui signale.
Le panier n’est dû que les jours où le salarié travaille réellement sur le chantier. Un jour d’intempéries, un arrêt maladie ou une formation en salle supprime ou modifie l’indemnité. C’est pour cela que le pointage journalier, chantier par chantier, compte plus que le montant lui-même.
Ce qu’un prestataire doit recevoir chaque mois
Une paie BTP externalisée fonctionne quand les informations arrivent sous une forme exploitable. Le tableau ci-dessous reprend ce que nous demandons à une entreprise du bâtiment, et le moment où nous en avons besoin.
| Élément | Quand le transmettre | Pourquoi |
|---|---|---|
| Arrêt pour intempéries (date, heures, chantier, salariés) | Le jour même | Déclaration provisoire CIBTP sous 120 heures |
| Reprise du chantier | À la reprise | Déclaration définitive sous 30 jours |
| Pointage des jours sur chantier | Fin de mois | Paniers, transport, trajet |
| Zone ou distance de chaque chantier | À l’ouverture du chantier | Montant des indemnités de petits déplacements |
| Absences (maladie, congés, formation) | Dès connaissance | Paniers à retirer, calcul des droits à congés |
| Embauches, fins de contrat, intérimaires passés en CDD | Avant la date | DPAE, affiliation à la caisse, documents de sortie |
Ce tableau ressemble au calendrier partagé que nous recommandons à toutes les PME confrontées aux variations d’effectif. Dans le BTP, il a simplement plus de lignes et des délais plus courts.
Externaliser sans perdre la main sur ses chantiers
« La paie en PME est rarement simple », écrivons-nous souvent ; dans le bâtiment, elle l’est encore moins. Ce qui la sécurise, c’est un interlocuteur qui connaît les caisses CIBTP, les conventions des ouvriers et des ETAM, et qui pose les bonnes questions avant le calcul plutôt qu’après. Nos bulletins sont traités en 48 heures ouvrées à réception des variables, avec la DSN et les déclarations incluses dans un tarif de 26 € HT par bulletin au maximum, dégressif selon l’effectif. Le détail de notre offre est sur la page externalisation de la paie BTP.
Si vous changez de prestataire en cours d’année, la reprise des historiques compte double dans le BTP : heures déclarées à la caisse, jours d’intempéries déjà indemnisés, cumuls de paniers. Nous les reprenons dans le cadre d’un changement de prestataire de paie. Demander un devis sous 24 h
Questions fréquentes
La canicule ouvre-t-elle droit au chômage intempéries ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2024, la canicule figure parmi les conditions climatiques qui peuvent justifier un arrêt de chantier indemnisé, au même titre que le gel, la neige ou la pluie. La décision d’arrêter le travail revient à l’employeur ou à son représentant sur le chantier, sans autorisation administrative préalable.
Un apprenti peut-il être indemnisé en cas d’intempéries ?
Oui, les apprentis sont couverts par le régime, sous la même condition de 200 heures travaillées dans le BTP au cours des deux mois précédant l’arrêt. Un salarié qui n’atteint pas ce seuil, par exemple parce qu’il vient d’arriver dans le secteur, n’ouvre pas droit à l’indemnisation par la caisse.
Qui paie les cotisations de retraite pendant un arrêt pour intempéries ?
Le régime intempéries prend en charge les cotisations de retraite complémentaire et de congés payés correspondant à la période d’arrêt. L’employeur et le salarié bénéficient par ailleurs d’exonérations de cotisations sociales sur l’indemnité versée. Ces lignes doivent apparaître correctement sur le bulletin pour que les droits du salarié ne soient pas réduits.